Professeur Eiji – Akiko Monden

Professeur Eiji T1Voici un manga que m’a prêté mon frère, qui m’a vraiment beaucoup plu, et dont j’aimerais bien lire la suite x) Courage mon frère, plus que deux tomes et ta collection est finie /o/

Dessiné et scénarisé par Akiko Monden, édité en France par les éditions Kana, et s’étendant sur un total de dix volumes, Professeur Eiji est un manga destiné à un public adulte (Dans la terminologie japonaise, c’est donc un seinen, voire josei, car orienté vers le public féminin). Quand je dis « public adulte », je veux surtout dire que les thèmes abordés sont très matures et sérieux, hein, n’allez pas y trouver un autre sens 😉

Une petite pause dans ma note pour vous donner un petit synopsis, éhontément chapardé sur le site de l’éditeur car je suis une grande feignasse :

Eiji Fuwa est un ex-journaliste, ayant beaucoup voyagé. Il s’est reconverti dans l’enseignement de l’anglais. Il est engagé à titre temporaire dans un lycée. Eiji est tellement calme et décontracté qu’il parait presque glacial, mais le coté amorphe des étudiants japonais le stupéfie. Il va vite également déceler les étudiants perturbés. Marqué par la mort de trop d’enfants dans les pays en guerre dans lesquels il travaillait, Eiji se donne la mission d’aider ces élèves en difficulté !

A titre personnel, je lis beaucoup plus de shonens et de shojos (des mangas pour adolescents) que de mangas « sérieux » comme celui ci. Mais j’ai pour meilleur ami un grand amateur du genre (qui m’a fait découvrir Victorian Romance Emma, ou Détenu 042, très bons mangas aussi), et mon frangin n’est pas en reste (Monster en particulier a été ma découverte de l’année). Moralité, je me plonge dans ces mangas et je suis toujours séduite, car ils abordent des problématiques parfois très graves d’une façon qui donne envie d’y réfléchir et d’en savoir plus.

Dans le cas de Professeur Eiji, c’est l’enseignement qui est mis en valeur, évidemment, mais aussi les problèmes liés à l’éducation, au système familial japonais (les japonais prennent la question du mariage très au sérieux je trouve), la sexualité, l’enfance, la guerre, le deuil, le handicap (car le cousin d’Eiji est incapable de marcher), etc.

Via des personnages très attachants et hauts en couleurs, l’auteur nous fait découvrir avec humour et talent (graphique comme narratif) toutes ces pistes de réflexion et la façon dont Eiji les résout avec une motivation sans faille, mais parfois en doutant beaucoup, car après tout il est humain lui aussi.

A chaque nouveau personnage une problématique, une histoire.

Eiji qui pense trop aux autres et se donne beaucoup pour eux, mais qui se néglige en retour ; Hiroshi, son cousin chez qui il vit, paralysé des jambes qui ne souhaite pas être un poids et se demande s’il pourra un jour trouver l’amour ; Yukiko Inui, la jeune mère enseignante, divorcée d’un mari qui l’a brutalisée et sensible aux souffrances et doutes de ses élèves ; Mitsukura, le professeur de mathématiques austère et sévère qui s’avère être en réalité terriblement maladroit et manquant de confiance en lui… Les adultes – pour la plupart âgés de plus de trente ans – ont tous leurs caractères, désirs et regrets silencieux.

Mika, la jeune fille effrontée et rebelle, qui projette sur Eiji son besoin d’un père affectueux ; Masaki, qui a grandi en étant surprotégé mais sans amour réel et est devenu insensible et froid jusqu’à ce qu’Eiji et son cousin lui apprennent l’importance de la vie ; Hana, la petite boulotte timide et amoureuse du prof de mathématiques… Beaucoup d’élèves qui souffrent du fait des pressions scolaires ou bien familiales, qui se demandent ce que l’avenir leur réserve, et qui réagissent parfois de façon trop extrême. On est surpris d’en venir à s’attacher à ces jeunes de 15 à 17 ans dont beaucoup, au premier abord, donnent l’aspect de sales gamins irrécupérables.

Évidemment, c’est très romancé et la réalité n’est pas toujours si « simple » à résoudre. Mais il n’empêche que ce manga nous offre un regard très touchant sur ces tracas de la vie des adultes comme des jeunes. La traduction est de bonne qualité et s’efforce d’éviter le choc culturel (la culture japonais est vraiment à des lieues de la culture française, sur énormément de points) sans pour autant faire l’erreur de tout transposer. Ça se lit vraiment avec beaucoup de plaisir, sans qu’on s’y ennuie une seule seconde. Et il n’y a pas ces moments de drama presque insupportables de tension comme dans certains shojo, qui me forcent souvent à m’arrêter parce que je suis trop sensible. Ici, ok tout n’est pas rose, tout ne se passe pas comme on l’aurait voulu, mais on ne s’y attarde pas à l’excès, les crises se résolvent en douceur.

Bref, un très bon moment de lecture, accompagné par des dessins agréables (ah, ce Mitsukura <3) et un humour bienvenu !

Un avis sur “Professeur Eiji – Akiko Monden

  1. Comment ca plus que 2 tomes ???? L’an dernier quand j’étais chez le frangin il n’avait que 3-4 tomes !!! Ca veux dire que la prochaine fois que je viens je les pique tous >.< J'veux lire la suite moi !!!

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