Le Comte de Monte-Cristo – Alexandre Dumas

J’ai, il y a deux ans de cela, découvert par hasard la série animée japonaise Gankutsuou : Le Comte de Monte-Cristo. La série était d’une qualité rare, onirique et vibrante de passion. De fait, j’en ai même acheté les coffrets (qui sont absolument sublimes) J’ai appris par la suite que cet animé respectait l’oeuvre originale de très près tout en la retranscrivant dans un univers de science fiction (vaisseaux spatiaux, armures géantes de combat, extra terrestres). J’avais donc pour intention de lire un jour ou l’autre un de ces piliers de la littérature française.

L’édition que j’ai eu entre les mains n’ayant pas de quatrième de couverture pour un rapide synopsis, je vous livre ici un synopsis croisé aux hasards du net.

En 1814, trois hommes, jaloux, ambitieux ou voulant protéger leur carrière, profitent des troubles politiques de l’époque pour faire enfermer en dépit des lois le jeune marin Edmond Dantès. Il passera quatorze ans dans le château d’If, sinistre forteresse au large de Marseille.
La rencontre avec l’abbé Faria, également prisonnier mais qui ne se résigne pas, va bouleverser les perspectives d’Edmond. Faria dessille la vision du trop naïf jeune homme, et, promis à une mort prochaine, fait de celui-ci son héritier et spirituel et en argent : il lui confie en effet l’existence d’un gigantesque trésor dans l’île italienne de Monte-Cristo.
La mort du vieil abbé permet à Dantès de s’évader, puis de retrouver le trésor de Monte-Cristo, enfin de commencer à préparer sa vengeance…

L’œuvre est pour le moins absolument passionnante. Elle commence dans le bonheur et la tendresse, et se poursuit dans le malheur. Edmond Dantès est un marin honnête et généreux dont la seule ambition est de vivre heureux aux côtés de sa future femme, Mercédès, et de son vieux père. La malchance et surtout la malveillance humaine le plongent dans un désespoir sans fond. L’ambition de Danglars, comptable du bateau dont Edmond Dantès sera bientôt capitaine, la jalousie de Fernand, amoureux de la belle Mercédès, les font rédiger une lettre qui accuse Dantès d’être un agent bonapartiste porteur d’une lettre dénonçant un complot. Dantès est innocent, mais il est bien possesseur d’une lettre qu’il a promis de porter à Paris, sans en connaître le contenu. C’est ce qu’il racontera à Villefort, le procureur s’occupant de son affaire, et qui lui aussi sera convaincu de son innocence. Hélas, lorsque Villefort se rend compte que le destinataire de cette lettre n’est autre que son propre père, il fera tout pour détruire ces preuves qui peuvent ruiner sa carrière. Et il enverra Dantès, sans procès, croupir dans la prison d’If…

En 14 ans, il peut s’en passer des choses dans l’esprit d’un homme, dans les entrailles d’une prison. Et par un coup du destin, Dantès retrouvera sa liberté au bout de ces 14 ans, possesseur d’une fortune colossale. Et il jure alors la perte de ceux qui ont détruit sa vie.

Ce qui me passionne tout particulièrement dans cette oeuvre, c’est le fait qu’Edmond Dantès, un homme doux et honnête, foncièrement bon, humble et sans la moindre ambition, deviendra par son désir de vengeance un homme incroyablement charismatique. Abandonnant son coeur et sa nature si généreuse, il préparera dix ans durant sa revanche, devenant un seigneur cultivé, remarquablement intelligent, disposant d’alliés dans tous les pays. Il apprendra que les trois hommes l’ayant trahi sont devenus riches et respectés, vivant à Paris. Et c’est là que, 24 ans après la disparition d’Edmond Dantès, le comte de Monte-Cristo fait son apparition, riche excentrique au charme magnétique, dont l’influence – et la rumeur de sa fortune – s’étend partout. Rusé, manipulateur, il parvient, en se faisant l’ami et le confident de tous, à provoquer une suite d’évènements qui finiront par détruire ses ennemis de manière implacable…

Chose étrange, en lisant, on en vient presque à prendre pitié de ces hommes qui ont commis des crimes au cours de leur vie et voient la vengeance cruelle de Monte-Cristo – alias Dantès – s’abattre sur eux sans hésitation. On est témoins de ces manipulations subtiles du compte, des intrigues qui se déroulent à l’insu de tous, on apprend ce que tous ignorent et on s’attend à voir ces secrets révélés au grand jour, au moment où ils frapperont le plus fort. Et on est pris de compassion face au malheur des enfants que les fautes des parents condamnent…

Bref, l’oeuvre d’une vengeance, l’histoire d’un homme à la volonté implacable, la transformation de l’humble marin au comte froid et manipulateur, tout un récit d’une puissance qui m’a emportée et me laisse pleine d’admiration.

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