La planète aux vents de folie

La planète aux vents de folie - Marion Zimmer BradleyJ’ai souvent entendu parler de la Romance de Ténébreuse, de Marion Zimmer Bradley. En fait, c’est même un nom que je lie assez fortement à mes années de jeu de rôle textuel, parce que l’admin de mon tout premier forum de jeu de rôle était une grande fan de ces romans. Seulement voilà, étant adolescente, j’ai essayé de lire quelques romans du Cycle d’Avalon, du même auteur, et je n’ai pas vraiment apprécié (depuis, je n’ai guère d’amour pour les légendes Arthuriennes. C’est malin.). Et puis, plus récemment, un collègue rôliste m’a reparlé de Ténébreuse et je me suis dit, pourquoi pas, cela fait 15 ans que j’ai essayé, j’ai mûri depuis, je ne vois pas de raison de ne pas tester !

L’histoire

Egaré dans l’espace à la suite d’un orage gravitationnel, un astronef s’écrase sur une planète inconnue. Les survivants – des membres de l’équipage, des pionniers que le vaisseau transportait vers une colonie lointaine au fond des étoiles – pourront-ils le réparer et repartir vers leur destination initiale ? Ils n’ont d’autre moyen d’y arriver que de reconstituer les machines nécessaires à partir des matériaux locaux, au risque de détruire l’écologie de la planète. Mais voici que se lèvent les vents de folie apportant avec eux des pollens aux mystérieux pouvoirs. Parmi les survivants, certains veulent s’établir sur place, abandonner la civilisation industrielle et s’adapter à cet environnement étrange. Ils doivent apprendre le prix à payer pour que cette étrange planète consente à les accepter dans son sein…

De toute évidence, ce qui m’a donné envie de tester la lecture de ce roman, c’est son aspect purement science fiction, univers littéraire dont je suis plutôt friande. L’exploration d’une nouvelle planète, c’est forcément intéressant ! On parlera de biologie, de géologie, d’adaptation à un nouvel environnement, d’espèces extra-terrestres, de survie. Dans l’ensemble, j’ai bien eu ce à quoi je m’attendais, et sur ce plan du moins l’histoire était très agréable à lire.

L’histoire raconte comment un vaisseau spatial (terrien) s’écrase sur une planète inconnue à la suite d’un accident. Les passagers de l’astronef sont constitués de deux grands groupes : d’une part, les colons, majoritairement d’origine écossaise, destinés comme leur statut l’indique à coloniser une planète vers laquelle ils se dirigeaient, et formés à cette tâche. D’autre part, l’équipage du vaisseau, le capitaine, les spécialistes des machines et autres éléments purement techniques. Les uns décident d’emblée de tenter d’établir une civilisation sur cette planète étrangère, tandis que les seconds espèrent réussir à réparer le vaisseau pour repartir vers un univers plus fréquentable que ce monde apparemment vide de toute civilisation.

Seulement voilà, non seulement le vaisseau s’avère irréparable, mais une première excursion scientifique rapporte un fait troublant : lorsque le temps peu clément de ce monde s’éclaircit et se réchauffe, des fleurs répandent un pollen qui fait sauter les inhibitions de la plupart des gens et les pousse à des actes allant de la simple euphorie à la folie furieuse. Les premières victimes commencent à développer d’étranges dons de prescience, tandis que l’ambiance dans le camp de base tourne à l’orage entre les colons et l’équipage. En effet, il faut choisir entre réparer l’astronef, et se préparer à affronter les dangers de cette planète. Il devient très vite évident que consacrer du temps à la survie reste la priorité première, mais certains voudraient éviter de laisser tomber ce fragment d’humanité qu’ils constituent dans la “barbarie”. Sans oublier qu’en dépit des apparences, cette planète n’est pas tout à fait dépourvue de vie intelligente…

Mon avis

Très clairement, on a là de la science-fiction mêlée d’une petite part de fantasy. A première vue, c’est dans mes cordes, et j’aurais pu apprécier ma lecture, mais las ! Comme à mon adolescence, je retrouve ici ce que je n’avais pas aimé chez Marion Zimmer Bradley. Là où je m’intéresse à la survie, aux détails techniques divers, à ce qui fait la particularité de Ténébreuse (c’est le nom de la planète) et bien sûr à un minimum d’action pour rythmer un peu le récit, l’auteur survole la question, et préfère parler de relations de couple, de reproduction, de traditions (celtiques, ce qui ne m’étonne pas trop d’elle), bref, de sujets qui ne m’intéressent pas vraiment outre mesure. On passe donc l’essentiel du roman à suivre les états d’âme de personnages qui s’aiment ou ne s’aiment pas, à réaliser que les femmes sont désormais condamnées à devenir de futures “pondeuses”, à voir des hommes se battre entre eux pour une femme, à assister à la “déchéance” d’un prêtre poussé au “péché” par les Vents de Folie (ça tombe tellement comme un cheveu sur la soupe cette histoire, je suppose que c’était pour placer une petite analyse psychologique sur l’effet du pollen et une réflexion sur la religion), et à bénéficier de parenthèses érotico-sentimentales qui ne font pas vraiment avancer le schmilblick. Même les quelques rares scènes de réelle action sont faibles, tout juste évoquées, décrites comme on parle d’un rêve, ou dépeintes de façon quelque peu caricaturale.

Oh, il y a du mystère et je suis intriguée par le devenir de cette civilisation, mais les personnages ne sont guère marquants ni attachants, on sent déjà qu’ils ne sont que des faire-valoir pour introduire le Cycle de Ténébreuse, et qu’on n’en entendra plus parler par la suite. D’ailleurs, ils sont tous déjà résignés à mourir oubliés, et évoquent l’avenir en parlant de “prochaines générations”. Eux n’ont déjà plus d’importance, alors que c’est leur histoire qu’on suit. Ce qui est important, c’est ce qui se passera dans quelques siècles. J’ai néanmoins apprécié ce schisme entre les partisans de la “civilisation” et ceux de la “survie” (et, donc, de la constitution, au fil des générations, d’une nouvelle humanité), et justement, cette capacité des personnages à se projeter des siècles en avant et à penser à leurs descendants. Ça me semble assez particulier, mais c’était intéressant. Pas passionnant, mais assez intriguant pour me faire continuer à lire.

En fait, La Planète aux Vents de Folie est un roman qui a été écrit comme introduction du Cycle de la Romance de Ténébreuse, qui est une oeuvre de pure fantasy. Et je pense que ça se sent. L’auteur a essayé de créer une sorte de point de départ à sa saga et l’effet est un peu léger, peut-être parce qu’elle n’est pas trop une adepte de la science-fiction pour commencer. Dans l’ensemble, ça se laisse lire tranquillement, le style est bon, mais on n’en garde pas forcément une sensation de satisfaction à la fin de la lecture. Je dirais même plus que je n’ai rien éprouvé de particulier en lisant, et j’avais plutôt tendance à continuer la lecture avec ennui, en étant impatiente de finir pour passer à un autre roman.

Je testerai probablement un autre roman du cycle pour me faire une idée de ce qu’est la Romance de Ténébreuse, mais ça sera pour plus tard, quand j’aurai lu quelque chose de plus satisfaisant entre temps. Et pour être honnête, je ne suis pas très optimiste quant à mon avis final sur la question. Bah, au moins, j’aurai essayé !

Un avis sur “La planète aux vents de folie

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