Le mec de la tombe d’à côté – Katarina Mazetti

Le mec de la tombe d'à côtéBon, suite à quelques problèmes début novembre sur lesquels je ne m’étendrai pas (Je tiens à ma résolution de ne plus me lamenter sur mon sort sur ce blog è_é), le NaNoWriMo de cette année est un échec cuisant, puisque j’ai dû écrire 500 mots avant de laisser tomber. Du coup, autant poursuivre mes fiches de lecture pour faite genre je fais des trucs constructifs entre deux moments de déprime. La victime du jour sera donc le troisième roman offert par ma mère pour mon anniversaire. Et pour commencer, place au synopsis !

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’oeil de la stèle qu’il fleurit assidûment.

Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.

Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis… C’est le début d’une passion dévorante.

C’est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d’amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures

Allons tout de suite droit au but. Est-ce que j’ai aimé ce bouquin ? Non. Est-ce que je l’ai détesté ? Non plus.

En soi, ce roman s’est montré très intéressant à lire et je n’ai souffert d’aucune répugnance à le parcourir. Mais à l’inverse, je n’ai pas davantage éprouvé d’impatience à le voir fini. Le style est très agréable à lire, l’humour présent dans le récit est très sympathique, globalement on ne s’ennuie pas, passant du point de vue de l’un à l’autre protagoniste de façon très naturelle.  Le thème du choc des cultures (la citadine cultivée et le campagnard rustre) m’a semblé original et la description de leurs problèmes de compréhension mutuelle m’a semblée juste et plutôt amusante. Et pendant leurs désaccords, on voit aisément les torts de l’un ou de l’autre, pas de favoritisme pour un personnage en particulier, et donc pas l’impression de se faire moraliser par l’auteur.

Mais alors, s’il n’a rien de si déplaisant, pourquoi je n’ai pas aimé, me demanderez vous ?

Pour deux raisons, je pense.

D’une part, je l’ai plus ou moins dit un peu plus haut, pour moi il ne se passe absolument rien dans ce roman. Un homme et une femme se rencontrent, se découvrent (presque sur un quiproquo), cherchent à se comprendre, ont du mal, et puis voilà. Pas de rebondissements particulièrement trépidants, pas de révélation extraordinaire, rien d’autre qu’une vie monotone de gens monotones, l’un tenant à s’occuper de ses vaches, l’autre préférant s’occuper de livres et d’enfants. Je ne me suis pas du tout ennuyée, mais je n’ai pas vraiment été « plongée » dans cette histoire au point de vouloir la suite ou de m’attacher à l’un ou l’autre personnage. Quoique, le paysan m’a énervée parce que c’est un paysan, avec son côté machiste rustre de base, et son insistance à faire de Désirée sa boniche, mais même cet énervement était relativement modéré.

A la rigueur, l’histoire d’Inez, au milieu du roman, avait quelque chose de presque intéressant et surprenant, mais c’était également très perturbant, et raconté avec un tel manque de passion que j’ai juste vaguement haussé le sourcil en me demandant ce qui ne tournait pas rond chez cette dame. Pareil pour l’amie de Désirée et sa « Passion », une histoire de fond vaguement mentionnée pour laquelle on n’éprouve qu’un intérêt passager et dont le développement ne surprend personne.

L’autre raison de mon manque d’intérêt, c’est qu’au final, la seule et unique raison de leur « amour », au vu de leur complète différence de culture, c’est le sexe. Et puis c’est tout. Tout ce qui les relie, c’est de pouvoir coucher ensemble. Et ça, par contre, ça touche tout particulièrement à ma personnalité : c’est un comportement qui m’échappe totalement. Ils n’ont RIEN en commun, et ils ne parviennent même pas à faire des concessions satisfaisantes. Ils évitent simplement de parler de ces sujets sur lesquels ils ne sont pas en accord et se contentent de copuler comme des lapins. Je ne vois pas l’intérêt, et de ce fait, je pense que je manque là tout un aspect du livre qui touchera sans doute des personnes plus à même de comprendre ce genre de relation. Parce que pour moi, la question se pose : où est l’histoire d’amour tendre qu’on me laissait miroiter ? L’amour tendre, j’en ai dans les romans de Marc Levy, et ça me touche beaucoup plus que ça !

Ce n’est d’ailleurs pas la fin du roman, très originale (pas de fin tragique, ni de fin heureuse à la « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »), mais d’une morale discutable, qui me fera changer d’avis.

Bref, un bon bouquin, très bien écrit et avec une thématique intéressante sur les préjugés et la différence culturelle, mais qui n’est clairement pas adressé à des lectrices telles que moi, malheureusement.

2 avis sur “Le mec de la tombe d’à côté – Katarina Mazetti

  1. C’est dommage! Moi j’ai aimé ce livre parce qu’il est touchant et optimiste. Je ne me rappelle plus trop des détails de l’histoire parce que je l’ai lu il y a pas mal de temps, mais je me souviens qu’il m’avait fait du bien à l’âme. Mais c’est sûr, ce n’est pas une aventure trépidante. Les protagonistes ne sont pas des héros. C’est juste une histoire banale avec des gens simples qui essaient d’avancer dans la vie malgré ses aléas et qui parviennent à la rendre belle avec des choses simples. Je comprends cependant ton point de vue, tu es jeune et tu imagines la vie devant toi avec l’idéalisme de ton age. Si j’ai autant apprécié ce récit, c’est sans doute parce que je ne suis plus âgée et ne vois pas les choses sous le même angle. C’est le début de la « vieillerie » sans doute…
    La Question est, vas-tu aimer le dernier bouquin?

    • C’est bien loin d’être une question d’idéalisme ! Je pense plutôt qu’en tant que lectrice, j’ai besoin qu’il y ait de l’aventure pour me sentir impliquée dans le récit. Les deux précédents, par exemple, un que j’ai détesté et l’autre que j’ai adoré, sont plein d’évènements trépidants qui font qu’on se sent pris à partie, en bien ou en mal, alors que là on est beaucoup dans la réflexion existentielle sur l’amour et le temps qui passe, sans la moindre résolution au final, ce qui est très frustrant pour moi.

      Par contre, je pense en effet qu’il est plus adressé à des gens ayant de la bouteille niveau expérience de vie.

      Pour ce qui est du dernier bouquin, je l’ai commencé, il n’est pas désagréable à lire mais il m’a l’air du même tonneau que celui-ci, très contemplatif, donc je crains que le verdict ne soit pas très favorable, hélas 🙁

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