L’Aube des Dragons – Anne McCaffrey

L'Aube des DragonsAh, la Ballade de Pern, d’Anne McCaffrey, j’en ai longtemps entendu parler, en long en large et en travers, parce que je connaissais un groupe de rôlistes qui interprétaient des personnages dans l’univers de Pern. Une histoire de Dragons et de Chevaliers combattant des “Fils” tombés du ciel. Assez peu adepte des romans de fantasy, cependant, je ne m’étais jamais réellement penchée sur la question. Dernièrement, cependant, je me suis décidée à sortir de mon éternel cycle de relecture de romans que j’aime pour me consacrer à un peu de nouveauté. L’Aube des Dragons est le 9ième tome de la Ballade de Pern, mais d’un point de vue chronologique c’est ce tome qui retrace les origines de l’univers de Pern. Et surtout, il s’agit d’un roman de science-fiction !

L’histoire

Après un long voyage de 15 ans dans l’espace, trois vaisseaux de colonisation arrivent finalement à leur destination : la planète Pern. Le roman raconte le déroulement du débarquement sur Pern, l’installation des colons et leur organisation dans l’intention de créer une nouvelle civilisation, loin de leurs mondes et patries d’origine.

Parmi les colons, nous suivons en particulier les pérégrinations de deux enfants – Sorka et Sean – qui, explorant ce nouvel environnement, découvrent d’étranges animaux ressemblant à des lézards ailés. Alors qu’ils assistent à une éclosion, ils adoptent un peu par accident trois de ces dragonnets.

L’intégration de ces petits dragons parmi les colons de Pern se passe bien et très vite ils deviennent les compagnons fidèles des humains. On réalise très vite qu’ils disposent d’étonnantes capacités, comme la téléportation en cas d’urgence, une légère capacité de télépathie – ou plutôt d’empathie – et même la faculté de cracher du feu après avoir mâché des cailloux spéciaux.

Mais alors que la nouvelle vie des colons semble bien partie, voilà que tombe sur Pern une menace mortelle que personne n’avait prévue : les Fils, étrange substance ressemblant à une pluie visqueuse qui dévore tout ce qu’elle touche. Les colons survivants devront désormais faire face à cette nouvelle menace, ou bien la colonisation de Pern sera vouée à l’échec à peine commencée…

Mon avis

Le hasard a fait que j’ai lu ce roman très peu de temps après ma lecture de La planète aux vents de folie de Marion Zimmer Bradley, et si vous avez lu l’article qui en a résulté, vous savez donc que je ne l’avais pas aimé. Ici, nous avons un contexte de base très similaire : un groupe de colons s’installe sur une planète étrangère sans espoir de retour et se prépare à construire une société différente de celle qu’ils viennent de quitter. Et un incident imprévu vient complètement chambouler leurs plans.

Anne McCaffrey réussit ici ce que Marion Zimmer Bradley a été incapable de faire1 : Elle a écrit un “vrai” roman de science-fiction, sans se précipiter à toute allure vers la fin. Oh, certes, le départ des colons est ici bien plus tranquille, mais McCaffrey prend le temps de décrire l’évolution de la situation, chaque personnage a son importance et si, naturellement, les générations futures sont évoquées, pour le moment nos héros, ce sont bien ceux dont on parle dans le roman ! Et tous ont leur personnalité, leur évolution, on apprend à les apprécier- Sorka Hanrahan et Sean Cornell, incidemment les deux enfants qui ont rencontré et adopté des dragonnets en premier – ou à les détester (Avril et Ted, respectivement une pilote qui souhaite s’enrichir et se barrer vite fait de ce coin de l’univers, et un botaniste père de famille que les conséquences de la première Chute de Fils ont rendu irrationnel). Il y a de l’humour, il y a de l’amour, il y a du drama, il y a de la science, il y a du mystère, et si on n’échappe pas à certains poncifs (croissez et multipliez, tout ça), ils ne sont pas assez envahissants pour me déranger.

L’aspect science-fiction est présent pendant toute l’histoire : On utilise des véhicules volants, il y a toute une intrigue relative au carburant ou encore à l’envoi de signaux et de sondes dans l’espace, la “Chute des Fils” est prédite au jour le jour via des techniques de calculs de probabilités, et les fameux Dragons de Pern sont en réalité le résultat d’une manipulation génétique sur les petits dragons natifs de la planète, dans l’espoir d’obtenir un moyen de combattre les Fils. Ces derniers font d’ailleurs l’objet d’analyses poussées quant à leur constitution et leur origine, mais on ne saura jamais exactement ce qu’il en est car aucune sonde n’aura su s’approcher de la source supposée – une planète excentrique qui passe près de Pern tous les 250 ans – sans se faire détruire. Bref, malgré les dragons, et la création de la première escouade de Chevaliers-Dragons, on a bien affaire ici à une oeuvre de science-fiction qui sait attirer mon attention grâce aux défis que posent la colonisation et le problème des Fils.

Je dis “attirer mon attention”, je pourrais parler d’enthousiasme. Pour lire ce roman, je n’ai pas eu à me forcer, bien au contraire, renonçant même à me coucher tôt pour le seul plaisir d’en lire encore un petit peu. Et après quatre ou cinq romans assez fades à lire, ça fait fichtrement plaisir de pouvoir découvrir un roman sans s’ennuyer ferme ! En tout cas, il y a des chances que je m’essaie à la “suite” de ce roman (ou plutôt, à ses prédécesseurs) pour en savoir plus sur le monde de Pern, en espérant que la plume d’Anne McCaffrey me restera agréable.


  1. Je trolle, oui, ce n’est que mon avis, mais il faut bien que je compense tous ces avis excessivement positifs sur Babelio. 

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