La Voleuse de Livres – Markus Zusak

La Voleuse de LivresCela faisait bien longtemps que je n’avais pas parlé de livre sur ce blog, n’est-ce pas ? Depuis la dernière fois, j’ai lu Pourquoi j’ai mangé mon père (Roy Lewis) et La Clef des Vents (Stephen King), entre autres choses. J’ai relu ces histoires pour enfants de Roald Dahl, j’ai lu World War Z (excellent) et feuilleté le Guide de survie en territoire zombie (Max Brooks pour ces deux là), et je suis en train de relire A la Croisée des Mondes (Philip Pullman) et Bilbo le Hobbit (J.R.R Tolkien), parce que ça faisait longtemps. (On notera par ailleurs que le roman la Voleuse de Livres est mentionné dans l’article Wikipedia sur la Croisée des Mondes)

Le livre dont je vais vous parler, cependant, m’a été confié par ma mère en octobre 2012, et je ne me suis mise à le lire qu’en début de semaine précédente, alors que les prémices d’une douloureuse infection de l’oreille commençaient à pointer leur nez pour me ruiner le moral >_< (au passage, vous savez donc ‘comment je vais’ : mal). Je viens de le finir, en larmes, et tout livre qui se finit en larmes se doit d’avoir son article dans l’heure qui suit o/ Il s’agit donc de La Voleuse de Livres, de Markus Zusak.

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent encore échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité.

Liesel Meminger y est parvenue.

Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée.

Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? À moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : « La Voleuse de livres »…

C’est la première fois, il me semble, que je lis une histoire se passant pendant la seconde guerre mondiale du point de vue allemand. J’ai bien lu Fatherland, mais le lecteur averti sait que ce n’est pas pareil (et le lecteur non averti s’empressera d’aller lire le livre le synopsis du livre sur Wikipedia pour comprendre pourquoi je dis ça ). Il fut un temps dans mes jeunes années où j’en ai lu des tas, des romans se passant à l’époque de la seconde guerre mondiale. Et des bandes dessinées, également (Maus, par Art Spiegelman, a laissé sur mon jeune esprit d’alors une trace indélébile). Mais je ne crois pas avoir lu d’histoire racontée d’un point de vue aussi atypique.

Doublement atypique, par ailleurs, puisque l’auteur a choisi de faire de la Mort elle même la narratrice, en faisant un personnage curieux, poétique et capable de compassion, tout en restant intransigeant sur sa tâche. Une mort surchargée de travail à cette époque de l’Histoire, qui n’a guère le temps de s’arrêter, nous offrant un aperçu bref mais effrayant de tout ce qu’elle a vu. Mais évidemment, tout le récit est surtout le point de vue de l’héroïne, la petite Liesel, enfant confiée par sa mère à une famille d’accueil allemande. Une petite fille qui trouvera une échappatoire face à ce monde cruel et ravagé par la guerre en volant des livres et en apprenant peu à peu à les lire et à les apprécier.

Le roman est apparemment destiné à un public jeune (littérature jeunesse), et il est vrai que le style parfois léger et rêveur, l’histoire vue du point de vue d’enfants (Liesel, son ami Rudy…), les interventions fragmentaires de la mort et les petites histoires qui parsèment le roman en sont des éléments révélateurs. Néanmoins, le sujet est dur, et l’on ressent la faim, la peur, l’incompréhension des personnages face aux réalités de l’Allemagne nazie.

J’ai particulièrement apprécié ce côté fragmentaire, didactique, de l’histoire. Des petits bouts de définition. Des tranches de vie. Un récit qui parfois saute du coq à l’âne, quand la Mort nous raconte la fin pour finalement revenir au récit de comment les choses se sont passées. Ce n’est pas non plus une histoire excessivement geignarde, dirais-je, un de ces innombrables récits mettant l’emphase sur l’horreur et l’agonie, qui se montre accusateur vis à vis de ces allemands « qui n’ont rien fait », qui décrit la cruauté du sort réservé aux juifs. C’est raconté d’un point de vue qui ne comprend pas vraiment ce qui se passe, ces gens simples qui subissent chaque jour la propagande allemande et ne sont pas forcément d’accord avec elle ; ces travailleurs qui perdent des clients, et qui ne comprennent pas trop ce qu’ils ont fait de mal, ces juifs ; ces enfants à qui l’on apprend à vénérer Hitler ; ces parents qui ont une famille à nourrir et à protéger ; et évidemment ces fanatiques rêvant de la gloire de l’Allemagne… Un point de vue humain, donc, qui ne juge pas tout à fait comme nous autres observateurs le ferions. La Mort en particulier ne fait guère de distinction entre les morts, pour elle tous se valent.

Les personnages sont attachants, on finit même par apprécier ceux qui nous semblaient si rébarbatifs au début, telle la mère adoptive de Liesel, Rosa, qui fait pourtant figure d’horrible marâtre lors de sa première apparition. Le petit Rudy, dont je hais tant le prénom, et dont le comportement m’a tapé sur le système pendant toute l’histoire, a même réussi à m’attendrir malgré tout.

Attendrir, oui, car il y a beaucoup de tendresse dans cette histoire, et de la compassion également, bien sûr. La tendresse d’Hans, le père adoptif de Liesel. L’affection bourrue de Rosa envers cette petite fille orpheline. L’amitié entre Liesel et Max, le juif caché, terrifié, dans la cave. La compassion de Liesel pour la femme du maire, triste et silencieuse. L’amour provocateur de Rudy envers Liesel. Et l’émotion de la Mort vis à vis de ces gens simples qui ne pourront guère lui échapper au final.

Une lecture émouvante au final inévitable et dont on se surprend cependant à espérer qu’il n’aura pas lieu, qui vous fend le coeur en deux et vous laisse tout pantelant une fois le livre terminé. Un très beau livre et un très beau moment passé en sa compagnie.

2 avis sur “La Voleuse de Livres – Markus Zusak

  1. Ah ben bravo.
    Comme si j’avais pas suffisamment de livres a lire, il fallait que tu me donne envie d’en lire encore un autre !!
    Félicitations jeune fille !

  2. Ah! je suis bien contente s’il t’a plu. Mais je ne voulais pas te faire pleurer. J’en ai plein d’autres à te conseiller si tu veux, pour te remonter le moral, entre autres : _ »le mec de la tombe d’à coté » _ » la délicatesse » _  » le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » (très drôle) _ »la liste de mes envies » _ « demain j’arrête » (très drôle aussi) _ »et puis Paulette » _ »les chaussures italiennes ».

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