Imitation Game

Imitation Game - AfficheUne ou deux fois par an, je vais au cinéma. C’était le cas en février dernier, le jour honni de la Saint Valentin, quand un certain ninja chinois de ma connaissance m’a proposé d’aller voir Imitation Game. C’était la première fois que je m’intéressais de plus près au terme biopic, en général quand je me traine dans les salles sombres c’est pour regarder de grosses productions, comme un Disney, un Marvel ou un Peter Jackson n’impliquant pas (trop) de morts vivants. A la sortie du ciné, je me suis immédiatement attelée à la rédaction de cet article, mais comme vous pouvez le constater en regardant sa date de publication, j’ai eu la flemme de finir. Voici donc mon avis sur le film, trois mois plus tard : un peu défraîchi, mais on fera avec.

Imitation Game est, pour ceux qui n’ont pas suivi au fond, un film biographique (ils appellent ça un « biopic », ai-je donc appris) sur la vie d’Alan Turing, considéré comme l’inventeur de l’informatique moderne, rien que ça. Plus exactement, il se concentre sur ses travaux pendant la seconde guerre mondiale, lorsqu’il fut mis à contribution pour décrypter les codes secrets Allemands produits par la machine Enigma.

Mon avis en sortant du cinéma ? C’était un super film ! Je ne m’y connaissais pas trop en ce qui concerne la vie de monsieur Turing, donc je n’ai pas réalisé les incohérences du film – je me suis renseignée à posteriori, question de principe – mais dans l’ensemble, c’était une jolie histoire. Ce que j’ai beaucoup apprécié sur l’ensemble du film, c’est qu’en dépit de l’implication des travaux d’Alan Turing dans la Seconde Guerre Mondiale, l’histoire ne se focalise pas sur la Guerre en elle même. On n’y voit que peu d’explosions, de scènes excessivement dramatiques. Quelques extraits de films d’archives, certes, mais c’est surtout un récit à échelle humaine, qui se concentre sur l’histoire du personnage principale, et les défis qu’il a eu à surmonter. En cours de route, le titre du film, qui parait saugrenu compte tenu du focus sur Enigma, est expliqué au détour d’une conversation. Et effectivement, vue la manière dont l’histoire est racontée, c’était un titre tout à fait adapté !

Un autre aspect du film qui m’a bien plus est le triple récit en un seul, même s’il est difficile à suivre au début. Plutôt que de faire un récit linéaire de la naissance à la mort du personnage, le film s’intéresse à trois périodes de l’existence de Turing : son enfance, la création de la machine de décryptage du code Enigma, et l’arrestation qui a mené à sa condamnation pour homosexualité. Sans doute que pour certains, ce choix a pu les déstabiliser. A mes yeux, ça rend l’histoire beaucoup plus intéressante ! Évidemment, on prend assez facilement conscience du fait que l’histoire a été tournée de manière à rendre l’histoire de Turing plus dramatique et romantique, plus accessible au spectateur lambda : on assiste à ses échecs, ses succès et ses drames. Et au final, on s’attache au personnage de Turing, même alors que, maladie psychologique oblige (apparemment un syndrome d’Asperger selon les internautes, experts en tout, en tout cas Cumberbatch le jouait fort bien), il est parfois si difficile à apprécier. J’ai été très touchée par plusieurs moments du film, et bien entendu sur le final très dramatique, auquel je m’attendais pour avoir rapidement survolé quelques infos le concernant avant le film, mais qui m’a quand même fait éclater en larmes et passer le générique de fin à tenter de ravaler mes sanglots disgracieux. Surtout que, comme souvent pour ce genre de film, on a le petit fondu au noir final avec un texte expliquant comment a fini Turing, et précisant quelques faits historiques le concernant. En particulier, donc, que cet homme ait fini si tristement alors qu’il a contribué à la victoire des Alliés lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Côté acteurs, je connaissais Benedict Cumberbatch depuis sa participation à la série Sherlock, une des rares que j’ai suivies – même si je n’ai pas regardé la dernière saison – et au dernier film Star Trek. J’aime bien cet acteur, non pas qu’il soit beau, mais il a une personnalité, une expressivité, qui le rendent intéressant. Même si à ce jour au final je ne l’ai vu jouer que des génies excentriques, il les gère bien ! A côté, nous avons Keira Knightley, que j’adore, parce qu’elle est super belle et qu’elle a un des plus jolis sourires que je connaisse (et parce que j’ai adoré son rôle dans Pride and Prejudice). Cela étant dit, cela ne fait que trois rôles pour lesquels je la connais, c’est peu, comme pour Cumberbatch. Et dans le rôle du « mec que j’ai déjà vu quelque part mais que je replace pas », il y avait le chef du MI6 joué par Mark Strong. Pour les curieux qui le replaçaient pas, comme moi, c’est le méchant dans le premier film Sherlock. Celui qui ressuscite. Voilà.

Wikipedia me dit qu’il y avait aussi Tywin Lannister – Charles Dance – dans le rôle de la hiérarchie casse-pieds, mais comme je ne regarde pas Game of Thrones, évidemment que je ne l’ai pas replacé, ce n’est pas parce que l’univers entier semble adorer cette série que je dois la regarder, les bouquins suffisent amplement. Et puis de toute façon, une série télévisée qui nécessite autant de scènes de cul pour communiquer ne mérite pas d’être vue, même si elle contient le nain le plus classe de la galaxie.

D’après mes notes sur le film, j’en ai également beaucoup apprécié la musique. A mon souvenir, elle savait se montrer discrète tout en soulignant à merveille la tension ou l’émotion du moment. J’ai trouvé qu’elle s’insérait très bien dans la narration, assez, en tout cas, pour que je la relève, alors que je suis généralement assez peu attentive en ce qui concerne le fond sonore des films !

Imitation Game - la machine

Bref, un bon film à regarder, probablement pas le genre que j’aurais été voir spontanément au cinéma, mais du moins n’ai-je pas regretté l’achat du billet. En plus, j’ai vu le film en VO, ce qui m’aura épargné un doublage pas forcément bon. Si j’avais un reproche à formuler sur l’histoire, je dirais qu’on aurait sans doute pu s’étendre un peu plus sur le fonctionnement de la machine, parce qu’en soi, ça manque un peu de prestige ces bobines qui tournent. Comment les bobines en question faisaient pour éliminer des centaines de combinaisons possibles pour finalement trouver la bonne ? Mais ce détail mis à part, je trouve que c’est une excellente approche de l’histoire d’un personnage que toute une génération de geeks révère tel un père fondateur. Et je pense que le film a sû traiter avec brio deux thématiques importantes de son existence : d’une part, ce que son travail – et celui de son équipe – nous a légué, d’autre part, ce par quoi la société l’a bien cruellement  récompensé.

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